Ibn Hattuta, le “nouveau voyageur arabe”

Il y a 3 semaines 45

Chaque lundi, Courrier international vous invite à découvrir une influenceuse ou un influenceur. Cette semaine : Ibn Hattuta. De son vrai nom Kasem Hato, ce globe-trotteur jordanien fait découvrir le monde à ses millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, à travers des voyages qui sont pour lui comme une quête de sens.

“Nous voyageons pour retrouver l’espoir en l’homme que nous avons perdu, après que les politiques, les gouvernements et les médias nous ont séparés. Nous voyageons pour être plus proches des peuples, de la vérité, du bonheur, plus proches de nous-mêmes.”

C’est dans cet état d’esprit que le globe-trotteur et créateur de contenus jordanien, Kasem Hato, 30 ans, “parcourt le monde pour vivre de nouvelles expériences”, écrit le site panarabe Raseef22.

Ses suiveurs sur YouTube, Facebook, Instagram et TikTok, qui se comptent par millions, le connaissent sous le nom d’Ibn Hattuta, en référence au grand voyageur arabe Ibn Battuta, qui parcourut, dans la première moitié du XIVe siècle, l’équivalent de 120 000 kilomètres à travers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. “C’est un mélange entre Ibn Battuta et mon nom de famille. ‘Hattuta’ veut dire ‘histoire’, et moi, je suis un conteur”, explique-t-il.

Les tops

Jusqu’à présent, Hato a visité 56 pays, dont la France.

Il y privilégie le logement chez l’habitant ou les auberges de jeunesse.

Lorsqu’on demande lesquels sont les plus beaux, il cite l’Islande pour ses paysages, l’Inde pour sa richesse culturelle, puis le Portugal et la Turquie, qui allient les deux.

Parmi ses expériences les plus marquantes, Ibn Hattuta parle du plongeon du pont de Mostar, en Bosnie, et du saut à l’élastique à Macao, le plus haut du monde. Avoir nagé avec les requins aux Maldives et les dauphins en Égypte fait partie de cette liste. Les expériences culinaires aussi, les scorpions, les hippocampes et les cafards en Chine et les tacos aux criquets au Mexique.

Le voyage, un état d’esprit

Le virus du voyage l’a piqué dès le tout premier périple, en Turquie avec sa famille. Hato a commencé à poster ses premières vidéos il y a cinq ans et a décidé d’en faire son métier il y a deux ans.

“Désolé maman! Désolé papa! Je ne veux pas vivre une vie normale, la routine que vivent des millions de personnes qui rêvent d’en sortir. Je ne veux pas trimer toute l’année pour vivre deux semaines, si mon patron le veut bien. Je veux vivre 365 jours par an, chaque jour différemment du précédent”, dit-il dans l’une de ses vidéos.

Pour Hato, le voyage ne doit pas être qu’un loisir, mais quelque chose de plus profond.

On voyage d’abord pour nous perdre, puis pour retrouver. On voyage pour ouvrir nos yeux et nos cœurs et apprendre à connaître le monde au-delà des journaux. On voyage pour laisser chez nous nos croyances et nos a priori, pour voir le monde différemment.”

Source

En arabe, raseef signifie “trottoir”, comme celui de cette rue qui gronde depuis le déclenchement des révoltes, en 2011. Et 22, c’est le nombre de pays membres de la Ligue arabe, qui comptent 360 millions d’habitants.

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