48 heures à Arles, phare de l'art contemporain et de la culture provençale

Il y a 2 semaines 53

CITY GUIDE - Aux portes de la Camargue et des Alpilles, Arles est une pépite culturelle. Cité antique, gardienne des traditions provençales, temple de la photographie, elle s'affirme aussi comme une capitale de l'art contemporain qui ébouriffe comme un coup de mistral.

La tour en acier déstructurée de Frank Gehry rayonne tel un phare sur la ville. Élévation iconique de Luma, ce centre d'art qui a poussé sur d'anciennes friches industrielles de la SNCF, elle symbolise une nouvelle page de l'histoire d'Arles. Sur les rives du Rhône, dotée d'un port, la cité a d'abord été la capitale économique de la province romaine de la Narbonnaise. Au XIIe siècle, elle devient une importante ville de Provence. À partir du XVIe siècle, elle attire les grandes familles propriétaires de vastes domaines en Camargue. Ils élèvent alors de somptueux hôtels particuliers dans les ruelles étroites protégées par les remparts. Dans ce cœur ancien où le temps semble suspendu, on vient aujourd'hui flâner, d'un musée à une exposition photos, d'une église à une place ombragée. Avant de s'échapper vers les Alpilles ou la Camargue, pour sentir battre le pouls de la Provence.

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L'arrivée

Depuis Paris, mieux vaut privilégier le train. Le TGV relie Avignon ou Nîmes où des correspondances en TER rejoignent la gare d'Arles en centre-ville, pour un temps de parcours total d'environ 3h40. L'aéroport le plus proche et le mieux desservi est celui de Marseille-Provence, accessible en voiture en 50 minutes environ ou en navette (compter au moins 1h10). En taxi, prévoir environ 200 € depuis l'aéroport (taxis-aeroport.com).

Le centre-ville d'Arles se parcourt aisément à pied mais on peut aussi se déplacer en triporteur électrique, payant ou gratuit (avec Hopla si l'on veut rejoindre un site du centre ancien, au départ du boulevard Clémenceau). Des visites en triporteur sont également possibles.

L'office du tourisme d'Arles propose un Pass Liberté valable un mois, pour visiter 4 monuments au choix, le musée des Beaux-Arts Réattu et un musée au choix (musée Arles Antique ou musée de la Camargue). Tarif : 12 € par personne.


En ce moment

À VOIR

Luma Arles

Imaginé dès 2008 par la collectionneuse d'art et mécène Maja Hoffmann, ce grandiose centre de création, de rencontres et d'exposition d'art contemporain a enfin ouvert ses portes le 26 juin. Luma Arles se déploie sur le parc de 11 hectares des anciens ateliers de la SNCF, au sud du centre historique d'Arles. Dans la sculpturale tour de Frank Gehry, au cœur du jardin paysager ou sous les toits de la Grande Halle, une programmation pointue d'œuvres, d'installations, de créations numériques ou de performances attend les visiteurs curieux.

Luma Arles. Entrée gratuite cet été, sur réservation. Visites commentées : 12 €. Parc des Ateliers, 45 Chemin des Minimes / 33 Avenue Victor Hugo, 13200 Arles. Tél. : 04 65 88 10 00.

LA BONNE TABLE

L'Oriel

Sous la verrière aux airs rétro de ce restaurant ouvert début juin 2021, le jeune Quentin Lepillet réjouit nos papilles. Photo presse

Sous la verrière aux airs rétro de ce restaurant ouvert début juin 2021, le jeune chef Quentin Lepillet réjouit nos papilles. Il revisite la cuisine traditionnelle pour nous livrer une partition personnelle, locavore, avec de subtiles saveurs. Avec lui, le bœuf carotte se marie avec une sauce soja sucrée et une purée de fanes pleine de surprises. La carte est courte et efficace, magnifiant les poissons, le taureau ou les ris de veau. Large choix de vins bio ou nature. Une cuisine de haut vol à prix accessible.

Au déjeuner : menus 2 plats à 28 €, 3 plats à 32 €. Au dîner : menu 3 plats à 38 €. À la carte : plats autour de 27 €.

L'Oriel, 6 rue du Forum, 13200 Arles. Tél. : 04 90 49 49 21.

L'HÔTEL EN VUE

L'Hôtel du Parc

Les chambres au parquet en chêne se parent de teintes naturelles et de longs rideaux pour offrir un cocon douillet. Adrian Deweerdt

Dans le parc des Ateliers de Luma Arles, la dernière adresse hôtelière de Maja Hoffman se veut intimiste. Onze chambres seulement, un salon en lieu et place de la réception, un « honesty bar » en libre-service, un mobilier vintage et chiné avec de belles pièces comme des luminaires de Charlotte Perriand ou un canapé de Gianfranco Frattini. La hauteur de plafond et les longues fenêtres baignent de lumière les espaces de cet ancien bâtiment médico-social de la SNCF articulé autour d'un escalier central en terrazzo. Les chambres au parquet en chêne se parent de teintes naturelles et de longs rideaux pour offrir un cocon douillet.

Hôtel du Parc, Avenue Victor Hugo. Tél. : 04 65 88 50 50. contact@hotelduparc.com

Ouverture en juillet 2021. Tarifs en cours d'élaboration.

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JOUR 1 : GRAND BAIN CULTUREL EN CENTRE-VILLE

Le quartier de la Roquette sur les bords du Rhône. STANISLAS FAUTRE / Le Figaro Magazine

Matinée

Débutez votre visite par le centre d'art de Luma Arles qui est aussi un campus créatif pour les artistes. L'architecture industrielle des bâtiments des Forges, de la Mécanique Générale et de la Grande Halle constitue un écrin privilégié pour les œuvres d'art contemporain accueillies de manières temporaire ou permanente. Parmi les artistes exposés lors de la saison inaugurale, on retrouve Paul McCarthy, Ian Cheng, Pierre Huyghe (avec un étonnant travail sur l'intelligence artificielle). La Tour recèle de nombreuses œuvres dont les immanquables Slides, une installation monumentale de Carsten Höller évoquant un toboggan et OoooOoO, un skate parc phosphorescent pensé par l'artiste Koo Jeong qui devrait vite conquérir son public. Dans cette tour de Babel où sont exposées des pièces de la collection privée de Maja Hoffman, des matériaux issus de la nature comme des panneaux en sel éveillent le sens du toucher. Ils ont été mis au point par un laboratoire de la Fondation Luma qui souhaite intégrer la nature dans sa réflexion artistique. Pour preuve, l'agréable jardin paysager créé au cœur du parc avec un étang. Ne quittez par Luma sans monter jusqu'au toit de la tour pour voir au loin la Méditerranée et contempler, étiré le long du Rhône, le centre historique d'Arles hérissé de clochers et percé d'immenses arènes. C'est la prochaine étape de notre balade.

Déjeuner

Rejoignez le boulevard des Lices ou le boulevard Clémenceau pour entrer dans le centre historique. Le samedi matin, les étals du marché risquent de vous mettre en appétit. Adresse bien connue des becs fins, Le Chardon, près de la place du Forum, accueille des chefs en résidence dans leur bistrot sur patio et garantit un fascinant voyage culinaire sans chichi. Pour un repas plus rapide, on mise sur les bonnes cantines comme Simon et Paulette ou l'Épicier Moderne, à l'entrée du quartier de la Roquette. Tout près, le bistrot Le Gibolin reste une valeur sûre.

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Après-midi

C'est le moment de musarder dans les ruelles du centre ancien et de butiner entre les monuments, les musées et les boutiques tendance. On lève les yeux pour apprécier le rythme des grands volets, vert amande ou lavande, qui percent les maisons hautes dressées le long des rues étroites. Les hôtels particuliers avec leurs portes sculptées et leur ferronnerie élégantes captent vite aussi les regards. Rue de la République, l'un d'eux éblouit par sa monumentalité : le Museon Arlaten, musée ethnographique de l'histoire de la Provence vient d'ouvrir après onze ans de travaux. De toutes les villes de la région, Arles se distingue par son âme provençale. Le musée pensé par Frédéric Mistral vous révèle les secrets de la Provence d'hier à aujourd'hui. Rue Vernon, l'hôtel particulier éponyme a aussi fait peau neuve. Sous la houlette de l'architecte star Tadao Ando, il se prépare à accueillir fin septembre la fondation de l'artiste coréen Lee Ufan dévolue à l'art minimal. Arles, phare culturel…

Depuis la Place du Forum, truffée de terrasses de café, ou depuis celle de la République, immense dalle foudroyée par le soleil où s'élèvent l'hôtel de ville et la cathédrale Saint-Trophime, laissez vos pas vous guider sur la butte où trônent deux monuments romains. Le théâtre antique et les arènes, grandioses, sont des endroits vivants qui accueillent concerts et festivals. L'amphithéâtre est un haut lieu de corridas et de courses camarguaises. Rue des Suisses et rue du Docteur Fanton, on poursuit sa promenade en faisant escale dans des boutiques 100 % arlésiennes comme Moustique (vaisselle, foulards, paréos… estampillés avec une iconographie locale) et Dou Bochi, où le styliste Eric Bergère revisite les tuniques en indiennes provençales et le saqueton camarguais. Chez Marius, une boutique de créateurs, la lavande prend un coup de jeune, enfermée dans des rubans de soie pour former des fuseaux parfumés.

En fin de journée, empruntez les berges du Rhône pour rejoindre la librairie Actes Sud au Méjan (la maison d'édition est installée au-dessus) et fouiller parmi les trésors abrités dans ses rayonnages en bois. Tout près, le quartier bohème de la Roquette invite à la flânerie, avec ses ruelles fleuries où l'on s'interpelle d'une fenêtre à l'autre.

Apéritif et dîner

On s'installe sur une place à l'ombre des grands arbres pour un apéro provençal : place Voltaire, par exemple, près des arènes. Là, le restaurant-bar à vins de l'hôtel Voltaire (aux airs de motel rétro, avec un excellent rapport qualité-prix) propose une belle carte de mezzés à partager et de vins régionaux. Pour boire un verre ou (très bien) dîner dans un cadre flamboyant et arty, rendez-vous à l'hôtel Arlatan, près de la Place du Forum. Enfin, les plus gastronomes réserveront leur table chez Rabanel, le chef étoilé arlésien qui a renoncé à ses distinctions pour ouvrir deux restaurants dont l'un centré autour du végétal.

Soirée

Si vous aimez l'ambiance festive à la mode espagnole, misez sur la Bodeguita, un bar à tapas historique, très fréquenté par les Arlésiens. Pour les férus de concerts et de musiques actuelles, une salle s'impose : le Cargo de nuit. En été, ses programmateurs organisent aussi un festival au théâtre antique.


JOUR 2 : ESCAPADE EN CAMARGUE

Matinée

L'abbaye de Montmajour. Adobe Stock / Bernard GIRARDIN

Débutez par un petit déjeuner léger à votre hôtel si vous optez pour une de nos suggestions gastronomiques pour le déjeuner. Pour les amateurs de brunch, attablez-vous à Lou Marquès (à l'hôtel Jules César) pour un cadre chic ou à la maison Volver pour une atmosphère plus décontractée. C'est le moment de s'échapper de la ville. Faites une escale à l'abbaye de Montmajour, à quatre kilomètres au nord-est, sur la route des Alpilles. Le cloître, l'ermitage, l'abbatiale… La sérénité des lieux sied parfaitement aux envies de décompression d'un dimanche matin. Fondée à la fin du XIe siècle par les bénédictins, l'abbaye fascinait Van Gogh. Une programmation d'art contemporain et, en été, des expositions des Rencontres de la photographie d'Arles prennent une résonnance particulière dans ce lieu inspirant.

Déjeuner

Direction la Camargue pour s'immerger dans des paysages à la beauté rugueuse. Les sportifs pourront s'y rendre à vélo en empruntant (depuis Arles) la ViaRhôna. Sur cette portion en voie verte, la véloroute flirte avec le Rhône jusqu'à la Salin-de-Giraud et la plage Napoléon ouverte sur le large. À deux roues ou en voiture, faites une pause déjeuner aux alentours du Sambuc. Pour une cuisine de terroir dans un décor rustique, choisissez La Telline. Au menu : le coquillage vedette, des poissons et du taureau. Pour une cuisine locavore et étoilée, La Chassagnette s'impose.

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Après-midi

Tout près, entrez dans l'intimité des gardians en découvrant la manade de Jacques Bon qui élève 200 taureaux à la course à la cocarde. Manade Jacques Bon

Tout près, entrez dans l'intimité des gardians en découvrant la manade de Jacques Bon qui élève 200 taureaux à la course à la cocarde et cultive du riz en agriculture biologique sur un domaine de 500 hectares. Sur les chevaux blancs complices des cow-boys camarguais, accompagné par l'un d'eux, on se laisse happer par la douce mélancolie de ces paysages infinis où les marais se confondent avec le ciel, corsetés ici et là par des roseaux, des tamaris ou des bouquets de saladelles. L'excursion est aussi réalisable en 4x4.

Fin de journée

Descendez jusqu'à l'embouchure du Rhône en passant par les marais salants de Salin-de-Giraud. En début d'été, vous pourrez admirer leur teinte rose née de la prolifération d'une algue utilisée en cosmétique. Plus loin, la plage de Piemanson, long ruban de sable aux dunes hérissée de plantes rares, ouvre en majesté sur le large. Sur le chemin du retour vers Arles, longez les rives de l'étang de Vaccarès. L'occasion d'observer les flamants roses qui, autrefois migrateurs, se sont sédentarisés en Camargue. En fin de journée, leur vol en escadrille vaut bien les plus belles œuvres d'Arles.


Carnet d'adresses

BONNES TABLES

Le Chardon, 37 rue des Arènes. Tél. : 09 72 86 72 04.

Simon et Paulette, 21 rue du Pont. Tél. : 09 83 36 15 14.

L'épicier moderne, 24 place Paul Doumer. Tél. : 06 68 69 94 00.

Le Gibolin, 13 rue des Porcelets. Tél. : 04 88 65 43 14.

Restaurant hôtel Voltaire, 1 place Voltaire. Tél. : 04 90 96 49 18.

Les Maisons Rabanel, 7 rue des Carmes. Tél. : 04 90 91 07 69.

La Telline, Villeneuve. Tél. : 04 90 97 01 75.

La Chassagnette, route du Sambuc. Tél. : 04 90 97 26 96.

SORTIR, BOIRE UN VERRE

La Bodeguita, 49 rue des Arènes & 16 rue de l'hôtel de ville. Tél. : 04 90 96 68 59.

Le Cargo de nuit, 7 avenue Sadi Carnot. Tél. : 04 90 49 55 99.

SHOPPING

Moustique, 14 rue du Docteur Fanton. Tél. : 04 88 37 09 56.

Marius, 25 rue du 4 septembre.

Dou Bochi, 11 rue des Suisses. Tél. : 09 81 21 35 35.

MUSÉES

Museon Arlaten, 29 rue de la République. Tél. : 04 13 31 51 99.

Fondation Lee Ufan, 5 rue Vernon.

Fondation Vincent Van Gogh Arles, 35 ter, rue du Docteur Fanton. Tél. : 04 90 93 08 08.

ÉVÉNEMENTS

Rencontres de la photographie d'Arles, édition 2018. Anaïs Fournié

Les rencontres de la photographie, en divers lieux de la ville. Chaque année, de juillet à septembre (en 2021 : du 5/07 au 26/09).

ESCAPADE

Abbaye de Montmajour, route de Fontvieille. Tél. : 04 90 54 64 17.

Véloc (location de vélo), 20 rue Auguste Rodin à Arles. Tél. : 04 90 49 69 10.

Le Mas de Peint-Manade Bon, Le Sambuc, route de Salin de Giraud, Tél. : 04 90 97 20 62.

OÙ DORMIR ?

Mobilier vintage mêlé à des pièces modernes, papiers peints, palette de couleurs surannées et matières naturelles composent un décor bohème chic séduisant. Virginie Ovessian

Dans le centre historique, près de la porte de la Cavalerie, Maison Volver est une adresse intimiste de 16 chambres ouverte par Florence Pons et Carole Picard. Cette dernière a décoré plusieurs boutiques-hôtels parisiens avant de poser ses valises à Arles. Mobilier vintage mêlé à des pièces modernes, papiers peints, palette de couleurs surannées et matières naturelles composent un décor bohème chic immédiatement séduisant.

Restaurant avec terrasse extérieure, avec produits frais et plats du Sud.

À partir de 90 € la chambre double, avec petit déjeuner.

Maison Volver, 8, rue de la Cavalerie. Tél. : 04 90 96 05 88.

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