À Rouen, une maison Emma Bovary en hommage à Gustave Flaubert

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Des générations d’écoliers, d’étudiants ou tout simplement d’amoureux des lettres se sont plongées dans les romans de ce géant de la littérature réaliste du XIXe siècle. Gustave Flaubert est né à Rouen (Seine-Maritime) le 12 décembre 1821. Qui ne connaît pas « Salammbô », « L’Éducation Sentimentale », « Bouvard et Pécuchet » ou le symbole mondial du romantisme qui valut un procès à son auteur, « Madame Bovary » ? La vie et l’œuvre de Flaubert s’inscrivent singulièrement dans le département de Seine-Maritime où il vécut jusqu’à son décès à Croisset (près de Rouen) en 1880.

« Il fallait le célébrer. Son œuvre prend pour décor la Normandie. C’est un héritage national de la littérature. C’est légitime », s’enthousiasme Sandra Prédine-Ballerie, la directrice de la Culture et du Patrimoine pour le Département de la Seine-Maritime. Et la collectivité n’a pas lésiné ! Du Musée Victor Hugo, à Villequier, à l’Abbaye de Jumièges, en passant par les Jardins de l’abbaye de Saint-Georges de Boscherville, le territoire devient une grande salle d’exposition.

Sandra Prédine-Ballerie est fière de présenter une nouvelle édition de "Madame Bovary" avec des dessins d’Yves Saint Laurent. #PRESSE30

Sandra Prédine-Ballerie est fière de présenter une nouvelle édition de "Madame Bovary" avec des dessins d’Yves Saint Laurent. #PRESSE30 Frederic DURANT

À Rouen, la Maison Marrou, construite en 1890, avec sa façade en bois classée Monument historique en 1975, devient le lieu de l’exposition « Madame rêve en Bovary » jusqu’au 14 novembre. Des centaines de pièces des collections du Musée des Arts et Traditions Normands de Martainville-Épreville ― meubles, vaisselles, vêtements, outils et œuvres d’art ― vont y déménager afin de rendre hommage à la plus célèbre héroïne de la littérature française.

Sur une scénographie de Jean Oddes, « aussitôt la porte franchie, on entre chez Charles et Emma Bovary quelques heures après le suicide de cette dernière, raconte Sandra Prédine-Ballerie. L’exposition est à la fois patrimoniale, littéraire avec des références à l’œuvre et contemporaine pour expliquer les états mentaux d’Emma. C’est une exposition immersive avec des évocations olfactives, comme dans la chambre de Madame où flotte un parfum de rose. Le visiteur entendra également le tic-tac de l’ennui de cette femme, la pluie frapper tristement la fenêtre… » Dans la bibliothèque « où Emma vit dans un monde imaginaire », il trouvera peut-être le livre de sa propre existence.

La bibliothèque où Emma Bovary s’évadait de sa condition de bourgeoise. #PRESSE30

La bibliothèque où Emma Bovary s’évadait de sa condition de bourgeoise. #PRESSE30  Frederic DURANT

D’autres pièces symbolisent la passion de la jeune femme pour les belles toilettes. Des dessins originaux du jeune Yves Saint-Laurent trônent dans une vitrine : « Nous avons eu connaissance d’un carnet réalisé en 1951 par le styliste alors adolescent. Il y représente les scènes du roman avec de superbes robes. L’héroïne a toujours fasciné le couturier, poursuit Sandra Prédine-Ballerie. Les croquis sont aujourd’hui à la Fondation Pierre Berger qui nous en a prêté quelques-uns. Ils sont tellement beaux que nous avons décidé de sortir une nouvelle version de Madame Bovary aux éditions Gallimard avec ces illustrations. Elle est en vente dans toutes les librairies depuis le 9 avril. »

Au second étage, c’est une évocation de la vie rouennaise d’Emma, où elle retrouve Léon, son jeune amant. Rien n’est oublié ! La Cathédrale, la calèche, la chambre des amours infidèles, la ruine et la mort. Au final, après deux heures de visite environ, on n’a qu’une envie : courir se procurer un exemplaire du roman !

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